20.10.2009

La légende de Dracula

Il est possible de croiser la lecture du roman de Bram Stoker Dracula et la projection du film de Roman Polanski.

Vous trouverez ci-après des activités autour du roman de Bram Stoker :

1) Fiche pédagogique Flammarion : Fiche pédagogique collège.pdf

2) Séquence Dracula lecture du roman en anglais : Séquence Dracula anglais.pdf

3) Séquence Dracula Weblettres : Séquence Dracula Weblettres.doc

4) Lecture des textes de Polidori et Le Fanu (Cf catégorie : Littérature fantastique)

Le langage cinématographique

Pour tout ce qui touche au langage cinématographique, se référer aux notes sur la prédagogie de l'image.

Il est possible de mener les activités suivantes avec les élèves :

1) Autour des échelles de plan et mouvements de caméra : Cf DVD sur le Sacré Graal

2) Découvrir le cinéma : questionnaire / exposé sur le site du Conseil Général de Loire Atlantique

1 - Arthur découvre le cinéma.doc

3) Les techniciens du cinéma : Exposé / Jeu de découverte sur les métiers du cinémaà partir des éléments du site du Conseil Général de Loire-Atlantique.

Fiche sur les métiers du cinéma.doc

Le portrait du vampire.

Vous pouvez mener un travail pédagogique intéressant auprès des élèves de 4ème et de 3ème en abordant le film de Polanski par le biais du portait du vampire en littérature et au cinéma.

Voici quelques propositions d'activités que vous pouvez mener avec vos élèves (en intégrant dans chacune des activités la vision que Polanski a lui des vampires) :

1) Exposé écrit et oral sur l'histoire des vampire, leur adaptation en littérature et au cinéma (Cf catégories Les films de vampires, le portrait de vampires...) :

Fiche pédagogique collège.pdf

Pour l'exposé : 1 - Fiche méthode exposé.doc2 - Consignes exposé.doc3 - Evaluation exposé.rtf4 - Fiche élève Guide pour réussir exposé.doc5 - Présenter un exposé.rtf,

2) Questionnaire sur la représentation du vampire dans la littérature et au cinéma : attributs, costumes, physique, portrait psychologique du vampire...

Ebauche questionnaire - portrait du vampire.doc

3) Séquence Weblettres sur la monstruosité en littérature (intégrant d'autres monstres que le vampire).

Séquence la monstruosité.doc

4) Dans la perspective d'aborder l'Histoire des Arts, vous pouvez aborder la représentation du vampire dans le cinéma, la peinture, la littérature, le graphisme en mettant en perspective les techniques propres à chaque écriture et à chaque époque.

5) Proposer aux élèves de réaliser leur propre portrait de vampires à l'écrit, à l'oral, en image (photos, collages, dessins...)

6) Le symbolisme du vampire : (caf dans catégorie Portrait de vampires, note Le vampire, miroir de l'âme)

Les films de vampires

Les vampires connaissent beaucoup de succès auprès des jeunes depuis la sortie du livre et du film Twilight (en particulier auprès des jeunes filles).

Voici quelques propositions d'activités autour des films de vampires :

1) Exposé écrit et oral sur un film de vampires.

2) Création d'une jacquette de DVD, d'une affiche de cinéma ou d'un dossier de presse pour un nouveau film de vampires.

Rédiger une jacquette de DVD.doc

3) Questionnaire de lecture sur les codes du genre : quels sont les invariants d'un film de vampires au delà de l'esthétique propre au réalisateur et à l'époque ? En quoi le film de Polanski diffère ou pas du genre ?

4) Débat sur le film Twilight et son succès planétaire.

1 - Fiches-outils les rôles du débat.doc

2 - Evaluation débattre.doc

Roman Polanski et son cinéma

Il est possible pour aborder Le Bal des vampires d'effectuer une entrée par l'histoire du réalisateur, sa filmographie et ses thèmes de prédilection. Vous pouvez profiter d'un travail au CDI pour valider des compétences B2i.

Ce travail peut prendre les formes suivantes :

1) Réalisation d'une fiche biographique sur le réalisateur :

Fiche guide polanski b2i.doc

Methodologie pour réaliser une fiche biographique.doc

2) Répondre à un questionnaire de lecture sur Roman Polanski, sa vie, ses films...

3) Exposé écrit et oral sur le réalisateur et ses films. présenté par les élèves.

4) Réalisation d'un dossier de presse (comprenant interview du réalisateur, portrait des comédiens, résumé du film...) , une jacquette DVD et d'une affiche pour le Bal des Vampires ou un autre film de Roman Polanski (Ghost par exemple).

Rédiger une jacquette de DVD.doc

5) Débat autour de l'actualité du réalisateur et de son arrestation par la police zurichoise en attendant une éventuelle extradition aux Etats-Unis...

1 - Fiches-outils les rôles du débat.doc

2 - Evaluation débattre.doc

02.06.2009

Le Bal des Vampires

Pour chacune de ces catégories, il est intéressant d'étudier avec les élèves en quoi Polanski maîtrise parfaitement les codes du film de vampires et en quoi il les parodie. Ce qui peut être riche pédagogiquement est d'introduire la notion de parodie et de montrer jusqu'où il a poussé cette parodie et avec quel maîtrise.

Les entrées pédagogiques pour étudier la parodie sont les suivantes :

1) La photographie du film (Langage cinématographique)

2) Analyse du générique de début (Langage cinématographique)

3) Analyse de la séquence du bal (Langage cinématographique)

4) Comparaison de l'affiche du film dans différents pays (Langage cinématographique)

5) Les personnages du film : vampires et autres / Onomastique (Portraits de vampires)

6) Le mélange des genres

7) Un humour en rouge et noir

8) Les lieux (Les films de vampires)

9) La musique des génériques (Le langage cinématographique)

 

30.04.2009

Le Bal des vampires - L'humour noir et le burlesque

Un humour en rouge et noir

Source : Lux-Valence

    A 30 minutes 18 du début du film, deux ombres plantent violemment un pieu acéré dans le cœur de la victime. Cet usage de l’ombre est une récurrence des films expressionnistes allemands, contexte artistique dans lequel est né le premier vampire cinématographique : Nosferatu, de Murnau. Terence Fisher, dans ces films pour la Hammer utilise lui aussi l’ombre comme un double obscur du personnage. Mais dans le bal des vampires, il suffit d’un plan, le suivant, pour désacraliser le geste : c’est un oreiller bouffi qu’Alfred et le professeur Abronisius viennent maladroitement de transpercer. Et à 32 minutes, le sang qui jaillit se révèle être du vin sorti d’une barrique percée. Ainsi, va l’humour macabre de Polanski. Quand la servante brandi un crucifix pour se protéger de Shagal le vampire juif, il lui répond, insensible « tu te trompes de vampire mon petit ». Vampire juif, vampire jeune, vieux, vampire homosexuel : la société des vampires est pensée symétriquement à celle des vivants, les crocs en plus …).

    Fidèle à ses premiers amours pour le muet (voir ses premiers courts-métrages), Roman Polanski met en scène plusieurs moments sans paroles (Shagal cloue la porte de sa fille, Alfred fait un bonhomme de neige, arrivée du bossu : plus de 3 minutes 30 sans presque un seul mot !). Les courses poursuites (entre Alfred et Herbert en circuit fermé, avec Shagal dans la cave…), le duo basé sur une forte opposition physique (le vieux professeur fantasque et son jeune assistant, rêveur et ballot), les accélérations ponctuelles du rythme de défilement (voir aussi à 1 heure 25 min 30 s. : scène du canon), les mimes (Dracula mimant la chauve souris, Alfred mimant les dents de Dracula pendant l’enlèvement de Sarah), les chutes (35 min 44), la précision des gags ( à 1h31 lorsque les personnages principaux assomment deux invités pour leur subtiliser leur costume, à 1h36 lorsque Professeur Abronsius, Alfred et Sarah se retrouvent face au miroir) … Tout est là : le registre humoristique est celui du cinéma burlesque.

    Enfin, on relèvera d’autres gags de mise en scène qui prouvent la pleine maîtrise du réalisateur : l’analogie visuelle entre le cœur que trace Alfred sur la buée de la fenêtre et les fesses du Professeur qui lui apparaissent alors coincée dans une tour du château ; la déclaration d’amour façon télégraphique, hachée par le menuet auquel se prête Alfred et Sarah ; la réponse naïve d’Alfred qui croit s’adresser au Professeur quand, hors-champ, Dracula regrette : « Vous n’auriez jamais dû venir ! » « Mais alors pourquoi sommes nous venus ? » (01’22’00)...

     

    A) Désacraliser les gestes :

    . L'oreiller bouffi

    . Le vin sorti de la barrique percée

    . Rebecca, le crucifix et Yoine Shagal

     

    B) Le burlesque

    . La course poursuite

    . Le mime

    . La chute

     

    C) Gags graphiques

    . Le Professeur Abronsius coincé vu à travers le coeur dessiné par Alfred sur une vitre gelée.


    D) Comiques de situation

    . Yoine Shagal et son cercueil

    . Yoine Shagal et Rebecca vus dans la lunette par le Professeur Abronsius

    Le Bal des vampires - Le mélange des genres

    Entre conte et bande dessinée, un film très graphique

    Comme l’indique la présence d’une voix off (mais aussi : structure narrative linéaire, primauté de l’action, fictivité) qui ouvre et clôt le film de façon grinçante, cette histoire est un conte. Ancrage géographique de l’histoire (l’Europe centrale), lieux de l’action (château, auberge, forêt), éléments des plans (couettes rebondies sur le lits, ventouses sur le dos, bonnets de nuit) : le bal des vampires fera probablement ressurgir des images de lectures enfantines sorties tout droit d’illustrations des contes de Grimm ou de tout autres histoires se passant à une lointaine époque.

      On trouve dans ce film, un véritable goût pour le trait et pour la caricature. Dès la séquence de l’auberge, Polanski choisit (comme à son habitude : « Plus vous êtes fantastiques, plus vous devez être réalistes »dit-il) de soigner le moindre détail : organisation de l’espace, écuelles en bois, chaudron de cuivre, préparation de la choucroute… Le cinéaste nous immerge dans l’ambiance rustique de cette auberge retirée dans les montagnes Carpates grâce à la galerie de personnages qu’il créée en montant coup sur coup des gros plans de trognes écarlates aussi truculentes les unes que les autres. La forme des visages dont les traits sont accentués, les attributs des personnages (sourcils broussailleux, moustaches en guidon, rouflaquettes, chignon rond de la matrone) mais aussi leurs vêtements (triangles des cols de chemise, costumes anguleux d’Alfred et du Professeur) révèlent un sens aigu du trait. Le professeur Abronisius, composé à mi-chemin entre Einstein, Geppetto et le Professeur Tournesol, écarquille les yeux, hausse exagérément les sourcils, sursaute comme un personnage de bande dessinée ou de dessin animé.

      La séquence de la course poursuite en ski dans la neige (chap. 10 à partir de 00’35’28’) pendant laquelle les personnages apparaissent en silhouette à contre jour, est également très représentative. Le cinéaste (par ailleurs un grand amateur de ce sport) prend un réel plaisir à filmer les belles courbes tracées par les skieurs dans la neige vierge : 3 plans larges semblent laisser la main se déployer sur sa feuille de papier blanc.

      Mais un plan affirmait déjà à lui seul la parenté du film avec le dessin et l’illustration. Il s’agit du tout premier qui, dans un immense zoom arrière, unit dans un même plan la fin du générique dessiné (la lune) à la première scène réalisée avec de véritables acteurs (le traîneau glissant dans la nuit noire). Dès le début, le cinéaste affirme donc sa volonté de dédramatiser le film de vampire : pas d’épouvante ici mais plutôt un climat de douce frayeur comme dans les contes légendaires de notre enfance.

      Le conte

      Le début du film


      La fin du film


       

      Aspects graphiques du film :

       

       

      Le Bal des vampires - Photographie du film

      De la picturalité des images

      Source : Sceren

      Pour onirique qu'elle soit (on pense au dessin animé tant le décor semble peint), la Transylvanie tient ici autant du souvenir sublimé de la lointaine Pologne de Polanski qu'à des citations picturales et (para)littéraires (Kafka pour le mélange fantastique/réalisme, Cervantès avec l'allusion aux moulins à vent de Shagal, etc.). Pour servir son projet, Polanski a surtout eu recours à une palette empruntée à la fois à Chagall et à Gainsborough. Ce dernier, certes un peu défraîchi, pour la scène du bal avec ses convives comme des automates en costumes des XVIIe et XVIIIe

      siècles. Le peintre russe pour les étendues de neige, l'auberge construite de guingois, les trognes enluminées, la défroque des bûcherons... Les tons riches et violents des images trouvent rapidement un pendant narratif haut en couleurs en la personne de l'aubergiste juif Shagal qui n'est pas sans nous rappeler quelque « Violoniste vert ». Aussi la valeur expressive et métaphorique de la couleur vient-elle au renfort de sa truculence.


      La scène de l'auberge

       

      Alfred libère le Professeur Abronsius

      Le Bal des vampires - La famille Shagal

      Shagal, un personnage pittoresque :

      Source : Sceren

      Les propriétés physiques et psychologiques de Shagal font de lui l'un des principaux ressorts comiques du film. Obséquieux avec Abronsius et Alfred, roublard avec sa femme, lubrique avec Magda la servante (souvenons-nous de cette réplique mémorable de Shagal, juif vampirisé, face au crucifix de celle qu'il continue de poursuivre de ses assiduités : « Tu te trompes de vampire, ma petite »), il est victime de sa classe et de ses origines. Juif roturier, il ne peut passer... le jour dans la crypte des aristocrates. Aussi le retrouve-t-on plus tard tête-bêche dans le cercueil d'Herbert.

       

      Yoine Shagal :

       

      Rebecca Shagal :

       

      Sarah Shagal :

      29.04.2009

      Le Bal des vampires - Le Professeur Abronsius et Alfred

      Des personnages comiques

      Source : Sceren

      La présentation de la voix off en ouverture du film ne cache pas une certaine moquerie envers les deux protagonistes. Abronsius, sorte de professeur Tournesol au faciès d'Einstein, est la caricature de l'homme de sciences. Chétif, maladroit et sentencieux, il manifeste une vive passion pour ses chères recherches quand il ne passe pas son temps à geler ou à dormir. Il est secondé par un élève couard et naïf qui fait un apprentissage difficile de l'amour. S'il ne parvient pas à séduire, Alfred est, en revanche, victime des assiduités d'Herbert. Lors d'une scène mémorable, celui-là ne parvient à se dégager des griffes de son séducteur qu'après lui avoir planté son livre de méthodes amoureuses entre les dents (notons au passage l'anachronisme : daté de 1732, le livre est une « édition de poche »). S'ensuit une poursuite dans la meilleure tradition burlesque (sorte de marivaudage perverti) qui voit Alfred faire le tour d'une galerie en courant pour venir se jeter à nouveau dans la gueule du vampire. Lutte et retournement de situation : c'est Alfred lui-même qui mord le vampire à l'oreille ! La métaphore sexuelle du thème du vampire - vampiriser, c'est posséder - est ainsi clairement citée (voir aussi la scène violente du bain) et retournée au profit de l'enjeu comique du film.

      Le professeur Abronsius :

       

      Alfred :

      Le Bal des vampires - Les vampires

      Les personnages des vampires

      Vampire juif, vampire jeune, vieux, vampire homosexuel : la société des vampires est pensée symétriquement à celle des vivants, les crocs en plus …).

       

      Le comte Von Krolock :

       

      Herbert, le fils homosexuel du comte Von Krolock :

       

      La communauté des vampires :

      Le Bal des vampires - Magda et Koukol

      La servante Magda :

      Le serviteur Koukol :

       

      Le Bal des vampires - Photographie du film

      De la picturalité des images :

      Source : Sceren

      Pour onirique qu'elle soit (on pense au dessin animé tant le décor semble peint), la Transylvanie tient ici autant du souvenir sublimé de la lointaine Pologne de Polanski qu'à des citations picturales et (para)littéraires (Kafka pour le mélange fantastique/réalisme, Cervantès avec l'allusion aux moulins à vent de Shagal, etc.). Pour servir son projet, Polanski a surtout eu recours à une palette empruntée à la fois à Chagall et à Gainsborough. Ce dernier, certes un peu défraîchi, pour la scène du bal avec ses convives comme des automates en costumes des XVIIe et XVIIIe siècles. Le peintre russe pour les étendues de neige, l'auberge construite de guingois, les trognes enluminées, la défroque des bûcherons... Les tons riches et violents des images trouvent rapidement un pendant narratif haut en couleurs en la personne de l'aubergiste juif Shagal qui n'est pas sans nous rappeler quelque « Violoniste vert ». Aussi la valeur expressive et métaphorique de la couleur vient-elle au renfort de sa truculence.

      Le Bal des vampires - La romance

      La romance

      Source : Sceren

      Précisons que le romantisme est une piste exploitée avec ironie par Polanski. Outre qu'il en fait le motif inavoué de l'action du poltron Alfred, Polanski donne de Sarah l'image d'une jeune fille « mirage » qui brille par son indifférence à la cour maladroite de l'infortuné jeune homme. Sarah l'innocente devient Sarah l'indifférente qui se dédouble/métamorphose en Sarah la vamp(ire), sorte de définition de la femme fatale dont (comble d'ironie !) Polanski sera lui-même « victime » à l'écran comme à la ville puisqu'il épousera Sharon Tate après la sortie du film...